Maladie de la courgette : quel traitement contre les feuilles blanches et les pourritures ?

Un dépôt blanc sur les feuilles évoque l’oïdium ; des taches jaunes anguleuses peuvent signaler le mildiou ; une pourriture grise sur les fleurs ou les fruits fait penser au botrytis. Le traitement d’une courgette malade dépend d’abord du symptôme : retirez les parties très atteintes, arrosez au pied et identifiez le problème avant de pulvériser. Une préparation contre l’oïdium ne sauvera pas des racines pourries.
Reconnaître le problème avant de choisir un traitement
Examinez le dessus et le dessous des feuilles, puis les fruits et la base des tiges. Vérifiez aussi l’humidité du sol. Ces observations orientent le diagnostic, sans toujours suffire à identifier précisément l’agent responsable.

| Signes observés | Cause probable | Première action |
|---|---|---|
| Poudre blanche qui s’étend sur les feuilles | Oïdium | Retirer les feuilles très atteintes et protéger le feuillage restant |
| Taches jaunes délimitées par les nervures, puis brunes ; duvet possible dessous | Mildiou | Éviter le mouillage du feuillage et intervenir rapidement |
| Duvet gris, fleur moisie, fruit mou ou lésion sur une tige | Botrytis | Retirer les organes atteints et améliorer l’aération |
| Plant flétri malgré une terre humide, collet brun ou ramolli | Pourriture du collet ou des racines | Vérifier le drainage et retirer les plants condamnés |
Les plages argentées régulières de certaines variétés ne sont pas forcément une maladie : elles appartiennent au dessin de la feuille et ne forment pas un dépôt poudreux. Une petite courgette qui jaunit puis avorte peut aussi manquer de pollinisation. Enfin, des trous avec des traces de bave orientent vers les limaces, tandis que des feuilles recroquevillées peuvent abriter des pucerons.
Une mosaïque persistante accompagnée de déformations peut évoquer une virose. Un fongicide n’y remédiera pas : faites confirmer le diagnostic et surveillez les pucerons, susceptibles de transmettre certains virus.
Les premiers gestes pour limiter les dégâts
Intervenez sur un feuillage sec pour limiter la dispersion et faciliter une coupe propre. Supprimez les feuilles très dégradées, les fruits pourris et les fleurs moisies, sans dénuder entièrement le plant. Les feuilles encore fonctionnelles restent nécessaires à sa croissance.
Vérifier les autorisations des produits phytopharmaceutiques : Consultez la base officielle E-Phy pour rechercher les produits phytopharmaceutiques autorisés en France par culture ou ravageur.
- Coupez avec un outil propre, sans arracher les pétioles.
- Désinfectez le sécateur entre les plants et après les parties malades.
- Évacuez les déchets atteints ; évitez le compost domestique dont l’échauffement est incertain.
- Suspendez les pulvérisations improvisées et corrigez d’abord l’excès d’humidité.
Photographiez les symptômes, puis observez leur progression sur les feuilles restantes et les nouvelles pousses. Les zones nécrosées ne reverdiront pas : l’objectif est de freiner les nouvelles atteintes, pas d’effacer les anciennes. Si le collet se désagrège ou si le plant s’effondre, une pulvérisation foliaire a peu de chances d’être utile.
Oïdium et mildiou : deux maladies, deux stratégies
Contre l’oïdium, agir dès les premières plages blanches
L’oïdium peut se développer entre 10 et 35 °C. Il apprécie une atmosphère humide, mais n’a pas besoin d’un film d’eau sur les feuilles pour infecter la plante. Un plant atteint peut continuer à produire si suffisamment de feuillage reste actif.
Le bicarbonate est surtout une solution de contact pour freiner une attaque débutante, pas pour réparer une feuille envahie. Kokopelli cite une préparation de 5 g de bicarbonate de soude et 1 cuillère à café de savon noir dans 1 litre d’eau tiède, appliquée pendant 2 jours puis une fois par semaine ou après la pluie. Cette recette exige de la prudence : testez une petite zone et attendez pour vérifier sa tolérance. Ne pulvérisez pas en plein soleil, sur une plante déshydratée ou par forte chaleur.
Avec le savon noir, la mousse n’est pas un indicateur d’efficacité. Elle traduit surtout l’agitation du mélange : en ajouter pour obtenir une texture plus épaisse augmente le risque de brûlure sans mieux couvrir la feuille. Recherchez plutôt un film fin et régulier, sans ruissellement, et ne cumulez pas savon, huile et liquide vaisselle.
Le lait dilué et la décoction de prêle sont également employés en prévention ou au début des symptômes, avec une efficacité variable. Ils ne constituent pas des remèdes garantis. Pour un produit commercial, privilégiez un usage explicitement autorisé sur courgette contre l’oïdium et respectez son étiquette.
Contre le mildiou, réduire la durée de mouillage
Le mildiou des cucurbitacées est favorisé par l’humidité et des températures de 20 à 25 °C. Contrairement au blanc poudreux de l’oïdium, il provoque surtout des taches jaunes puis nécrotiques. Aérez les abris, évitez l’aspersion et retirez les feuilles fortement touchées.
La bouillie bordelaise et les produits cupriques ne doivent pas devenir un réflexe universel : leur action est surtout préventive et le cuivre s’accumule dans le sol. Vérifiez l’autorisation pour la culture, la maladie et l’usage amateur dans votre pays. Le dosage, les répétitions et le délai avant récolte doivent venir de l’étiquette, pas d’une recette générique.
Fruits mous, tiges abîmées ou racines pourries : assainir avant tout
Le botrytis, favorisé notamment entre 17 et 23 °C en ambiance humide, profite des tissus sénescents et des blessures. Retirez les fleurs moisies et les fruits atteints sans blesser les tissus voisins. Sous serre, ouvrez pour évacuer la condensation et dégagez les passages d’air.
La fonte des semis et les pourritures racinaires regroupent plusieurs agents pathogènes. Certaines sont favorisées entre 24 et 32 °C, mais l’engorgement et le manque d’oxygène des racines restent des signaux majeurs. Ne rajoutez pas automatiquement de l’eau à une plante flétrie : palpez d’abord la terre. En pot, videz la soucoupe et vérifiez les trous d’évacuation.
Un collet largement détruit justifie généralement le retrait du plant. Les produits de biocontrôle contenant, selon les formulations, Bacillus subtilis ou Trichoderma ont des usages précis, souvent préventifs : ils ne ressuscitent pas des tissus pourris.
Une courgette ferme et intacte issue d’un plant atteint d’oïdium peut généralement être consommée, après lavage et respect du délai avant récolte du traitement utilisé. En revanche, écartez les fruits mous, moisis ou pourris plutôt que de découper seulement la partie visible. Ne consommez jamais une courgette anormalement amère.
Modifier la culture pour éviter les récidives
Installez les courgettes au soleil, dans un sol drainant. Willemse recommande au minimum 1 mètre entre les plants, davantage pour les variétés coureuses. Arrosez au pied, de préférence le matin, ou utilisez un goutte-à-goutte. Le paillage limite les éclaboussures et le contact des fruits avec la terre, mais laissez le collet dégagé.
Évitez les excès d’engrais azoté, qui favorisent un feuillage dense. Sur balcon, vérifiez que les pots évacuent l’eau ; sous abri, surveillez la condensation. Choisissez des variétés moins sensibles lorsque cette caractéristique est annoncée, sans confondre résistance et immunité.
Enfin, prévoyez une rotation des cucurbitacées sur 4 ans et retirez les résidus malades en fin de culture. Cette rotation aide contre certains agents du sol, sans empêcher les maladies dispersées par l’air. L’association d’un diagnostic précoce, d’une humidité maîtrisée et d’un traitement ciblé protège mieux la récolte qu’une succession de pulvérisations.